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HSBC : une vraie éngime pour nos pays africains

SwissLeaks : qui sont les millionnaires africains de HSBC ?

A Pointe-Noire, la capitale économique du Congo tournée vers l’océan, c’est au bord de mer que les expatriés français, ou congolais d’adoption, aiment à se retrouver. Comme à la Villa Madiba, le plus chic hôtel de la ville, au design épuré, non loin de la résidence secondaire du président Denis Sassou Nguesso. Le propriétaire, Henri Benatouil, dirige aussi la Société congolaise des transports. Ce Français de 64 ans, influent, est un proche du président. Autrefois, il recevait de temps à autre Roger Basso, gestionnaire de fortune chez HSBC dédié à l’Afrique francophone, venu de Genève pour prodiguer des conseils à ce client qui disposait de 1,9 million de dollars sur un compte qu’il a fini par clôturer en 2005, selon les documents consultés par Le Monde Afrique.

« En Afrique, tout le monde se connaît, et ainsi je savais rapidement si tel ou tel était un voyou ou un riche industriel ». Roger Basso, gestionnaire HSBC

Roger Basso, né en 1946, basé à Genève après une carrière au Crédit lyonnais dans le sud de la France puis à Pointe-Noire, aux Antilles et à Dakar, profitait de ses séjours au Congo pour recruter de nouveaux clients, comme Patrick Faudemay, entrepreneur français né à Libreville il y a 54 ans et fondateur, parmi d’autres, du Lions club Pointe-Noire Eucalyptus. En 2001, il cède aux sirènes de Roger Basso et place 3 millions de dollars dans la fraîcheur des coffres suisses. Très à l’aise dans ce milieu, le Monsieur Afrique de HSBC s’en allait alors démarcher une autre millionnaire française de la ville, directrice d’une société d’import-export également présente à Brazzaville.

Des clients plutôt agréables, presque des amis. Roger Basso avait l’habitude de contrevenir au règlement de la banque, faire signer sur place les formulaires d’ouverture de compte, « pour éviter à [mes] clients le déplacement en Suisse », comme il l’a expliqué aux enquêteurs de la police judiciaire française en mai 2013, selon des documents que Le Monde Afrique a pu consulter. « En Afrique, tout le monde se connaît, et ainsi je savais rapidement si tel ou tel était un voyou ou un riche industriel. Le service compliance [conformité] faisait ensuite les vérifications et les dossiers suspects étaient systématiquement écartés ».

Pourtant, les « vérifications » ne se sont pas attardées sur le cas de la congolaise Aziza Kulsum Gulamali, banale « femme d’affaires », selon HSBC. Son compte, actif jusqu’en 2006, affichait 3 millions de dollars. C’est que les rapports de l’ONU, pourtant publics, ont dû échapper à la compliance. Ils décrivent la façon dont la « reine du coltan » a fait main basse sur l’exploitation et l’exportation de ce minerai si convoité en République démocratique du Congo (RDC) au début des années 2000. Et l’accusent d’avoir financé la guerre civile au Burundi dans les années 1990. Si bien qu’elle a été condamnée par les justices suisse et belge en 2003. Ce qui n’a pas éveillé non plus les soupçons de HSBC, qui accueillait aussi son mari, le congolais Hamisi Singoma, avec un compte crédité de 1,6 million de dollars en 2007.

 

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