SOMMES-NOUS CERTAIN(E)S D’ÊTRE EN L’AN 2022? Par Tapé GROUBERA

SOMMES-NOUS CERTAIN(E)S D’ÊTRE EN L’AN 2022? Par Tapé GROUBERA

INTRODUCTION

Dans notre adresse relative à la « nouvelle année 2022 », nous avons mentionné les expressions « année grégorienne 2022 ». Et, indiqué que ce calendrier est né de la réforme de 1582 et remplaçait le calendrier julien. Enfin nous avions souhaité une bonne année grégorienne 2022 à tous ceux qui ont adopté ce calendrier. S’il y a des sociétés qui ne l’ont pas adopté à quel calendrier se fient-elles ? Alors nous ne sommes pas pas en 2022? Nous allons répondre à ces questions.

1. IL EXISTE PLUSIEURS TYPES CALENDRIERS.

D’abord, il faut savoir que « le mot calendrier vient de calendae, ou calendariu, calendae désignant le premier jour du mois dans le calendrier romain.
Les calendes sont inconnues chez les Grecs d’où l’expression <renvoyer aux calendes grecques > pour désigner un avenir indéterminé. » [1]
Ensuite, nous devons savoir que lorsqu’on parle de calendrier, ce n’est pas ce document d’aujourd’hui, sur lequel est mentionné les mois et les jours. Le calendrier n’a toujours pas été ce  » système de division du temps en années, en mois et en jours » comme l’actuel calendrier grégorien (dont nous parlerons plus tard).

  Par contre, ce fut un système de planification dans toutes les sociétés humaines pour, soit subvenir aux besoins, surtout alimentaires, soit pour honorer les divinités de chaque société. Par exemple, l’Homme (être humain) en dût planifier son travail, afin de semer et récolter au bon moment de l’année. Et avec les observations de ses scientifiques, les premières sociétés HUMAINES (d’abord AFRICAINES, puis ORIENTALES ET ENFIN OCCIDENTALES) sont arrivées à la conclusion qu’il y avait une une unité de mesure du temps, l’année, qui se déterminait en fonction du Soleil (l’Étoile la plus proche de la Terre) ou de la Lune, le Satellite (objet céleste en orbite autour du Soleil). Et les calendriers qui en resultèrent étaient fonction des lieux géographiques. Ce qui a permis de distinguons jusqu’à nos jours :
les calendriers lunaires , fondés sur les phases de la Lune.
les calendriers luni-solaires, fondés à la fois sur le cycle annuel du Soleil et les phases de la Lune.
les calendriers solaires, fondés uniquement sur le cycle annuel du Soleil.
les autres calendriers , fondés sur d’autres types de périodes.

                        D’autre part, puisqu’en fonction de l’espace géographique, chaque Peuple avait ses réalités sociologiques , elle va donner les noms des mois par rapport à ses réalités. C’est pourquoi les dénominations des années, mois et également émanèrent de chaque culture.
Par exemple la semaine de sept jours utilisée de nos jours a été inventée par les astrologues mésopotamiens vers le VIIe siècle avant notre ère.

2. EN AFRIQUE IL Y A TOUJOURS EXISTÉ DES CALENDRIERS.

En disant que l’Afrique est le berceau de toutes les civilisations, ce n’est pas un slogan. C’est un fait historique. Car le pays qui est, aujourd’hui, l’Égypte (et dont les habitants autrefois se désignaient, eux-mêmes KAMT ou KEMIT) fut, dans l’antiquité ce lieu où le premier calendrier fut élaboré.

3. En effet, WIKIPEDIA nous informe « qu’un calendrier daté au 5e millénaire avant J-C ait été découvert dans le sud de l’Égypte, à Nabta Playa ». Et ce calendrier est à ce jour à sa 6258 ème année. Sur Google, on apprend que « Dans le calendrier Kamit, l’année est divisée en trois saisons (Akhet, Shemou et Peret ) de quatre mois chacune. Il compte 365 jours dont cinq jours épagomènes sont consacrés à la célébration des récoltes. La journée compte 24 heures. Le calendrier Kamit est l’ancêtre du calendrier grégorien. « 

         L’on pourrait rétorquer qu’en dehors de l’Égypte antique, existe-t-il (ou existait-il) d’autres calendriers en Afrique ? Bien sûr, on pourrait commencer par le » calendrier éthiopien. Il est, actuellement, le principal calendrier utilisé en Érythrée et en Éthiopie. Il est construit sur la base du calendrier copte, mais à l’instar du calendrier julien ajoute un jour épagomène tous les 4 ans, et débute l’année le 11 septembre ».
Il y a également le calendrier mossi (un Peuple de l’actuel Burkina Faso) [2]. Nous évoquons le calendrier Guéré (un peuple de l’actuelle Côte d’Ivoire) dont Alfred SCHWARTZ en parle dans un document téléchargeable sur Google [3]

3. DU CALENDRIER JULIEN AU CALENDRIER GRÉGORIEN DE 1582 EN OCCIDENT.

Comme nous l’avions mentionné dans notre adresse intitulée « BONNE ANNÉE GRÉGORIENNE 2022 », nous avions indiqué que ce calendrier utilisé un peu partout aujourd’hui, est né de la volonté de l’Église catholique romaine (ou Eglise universelle de Rome). Parce que l’un des trois piliers du fondement de cette Église est la fête de Pâques. Les deux autres étant le crédo et la divinité de Jésus. Il faut savoir qu’avec le calendrier Julien qui comprenait dix (10) mois, l’Église catholique avait du mal à respecter ce qui fut décidé, à sa création en l’an 325, au Concile de Nicée (ville turque qui est rebaptisée de nos jours Iznik). En effet, à ce Concile, il fut arrêté que la fête de Pâques devait avoir lieu chaque premier dimanche qui suit la première pleine lune du printemps. Or avec le calendrier julien dont le premier mois était Mars (nom du dieu de la Guerre dont Romulus prétendait descendre) se terminait en décembre, avec des nombres de jours des mois toujours invariants. Ce qui fit que l’équinoxe de printemps variait: dès fois le 21 mars, une autre fois le 25 mars. Ce qui créa un décalage de 13 jours.

                     Par ailleurs, comme nous le révèle Guy BRETON, dans son livre Les beaux mensonges de l’Histoire, le calendrier n’était pas connu des peuples Occidentaux au Moyen âge. Lisons ensemble cet extrait- un dialogue entre l’auteur et Maud, tiré de la page 75.
Maud : « J’ai lu quelque part qu’au Moyen âge, les gens n’avaient pas de calendrier et ne savaient pas se situer dans le temps … Jeanne d’arc, par exemple – et ce n’est pas un cas unique-ne connaissait pas son âge. Lors de son procès, elle déclara qu’elle avait <à peu près 19 ans. > (…).
Guy BRETON :  » (…). En effet, à cette époque, si la plupart des clers avaient quelques notions des dates, le petit peuple, lui, vivait sans aucun repère chronologique. »
C’est pourquoi le Concile de Trente (1545-1562) chargea le pape Grégoire XIII, de son vrai nom Ugo BUONCOMPAGNI, de procéder à une réforme. Ainsi, par la bulle papale Inter gravissimas du 24 février 1582 , le pape Grégoire XIII annonça la mise en œuvre du nouveau calendrier à partir du 15 octobre 1582. Pour ne pas trahir la décision des pères de l’Église au Concile de Nicée, on passa du jeudi 4 octobre 1582 au lendemain vendredi 15 octobre 1582, soit 10 jours retiré à l’arrivée 1582. Voici ainsi résumé brièvement l’histoire du calendrier grégorien. Il faut, par ailleurs, remarquer que cette réforme ne fut tout de suite acceptée par les Occidentaux. Si l’Espagne et le Portugal l’ont immédiatement adopté tel ne fut pas le cas des autres puissances à l’époque. La France l’adopta sous Henri III, en faisant suivre le 9 décembre 1582 du 20 décembre. C’est 1584 que les États catholiques d’Allemagne et de la Suisse l’adoptèrent. Quant aux États protestants des Pays-Bas, d’Allemagne et de Suisse, ce fut en 1700. L’Angleterre se relia à cette réforme en 1752, faisant suivre le 2 septembre 1752 au 14 septembre. L’URSS adopta cette réforme en 1918 en faisant succéder le 14 février au 1er février 1918. Enfin, il faut savoir que le « calendrier mondial ou universel » que nous connaissons (comprenant 365 jours répartis en 12 mois de 30 ou 31 jours) fut proposé en 1834 par l’abbé MASTROFINI.

CONCLUSION
Comme nous venons de le voir, il existe plusieurs calendriers (musulman, chinois, éthiopien, mossi, Guéré, etc.). Le calendrier grégorien qui paraît dominant est né de la volonté de l’Église de respecter ce qui fut décidé au Concile de Nicée en 325 de l’ère chrétienne. Si nous rajoutons, aujourd’hui, les 10 jours rétirés à l’année 1582, nous ne sommes pas, au moment où nous (moraf) publions ce texte encore en 2022. En effet, nous sommes normalement à trois jours avant le nouvel an 2022.

Nous tenons à rappeler que l’objectif recherché par ce texte n’est pas de faire de la polémique. Comme toujours nous nous inscrivons dans notre crédo (au moraf) : S’INFORMER, SE FORMER AFIN DE TRANSFORMER LE MONDE. L’HISTOIRE EST LE TRIBUNAL DES PEUPLES.

Fait le 7 janvier 2022.

Tapé GROUBERA,

Président du Mouvement pour la Renaissance de l’Afrique (moraf).

Auteur du livre CES AFRICAINS ENNEMIS DES AFRICAINS.
Mail : moraf.afrique@gmail.com

Réferences
[1] : Jean-Paul PARISOT La petite histoire du calendrier lors des colloques du CTHS n°15, page 79.
[2]:https://doi.org/10.4000/span.559.
[3] :Alfred SCHWARTZ, Calendrier traditionnel et conception du temps dans la société Guéré document 19807.pdf.

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