Affaire Benalla : tentative de perquisition dans les locaux de Mediapart

Affaire Benalla : tentative de perquisition dans les locaux de Mediapart

Selon Mediapart, deux procureurs, accompagnés de trois policiers, ont voulu perquisitionner le matin du 4 février les locaux du média, dans le cadre d’une enquête ouverte par le parquet pour, notamment, atteinte à la vie privée d’Alexandre Benalla.

Ce 4 février, le site d’investigation Mediapart dit avoir refusé que deux procureurs accompagnés de trois policiers ne procèdent à la perquisition de ses locaux. 

 « Cette enquête, qui vise les enregistrements révélés par Mediapart, est susceptible d’atteindre le secret des sources de notre journal. C’est pourquoi nous avons refusé cette perquisition », a fait savoir le média.

Le parquet de Paris a en effet ouvert une enquête pour « atteinte à l’intimité de la vie privée » et sur les conditions d’enregistrement d’une conversation entre Alexandre Benalla et Vincent Crase fin juillet, après sa diffusion la semaine passée par Mediapart, selon l’AFP.

Révélés par Mediapart le 31 janvier, ces extraits audio prouvaient que les deux hommes avaient menti au Sénat. Le premier s’était notamment vanté du soutien d’Emmanuel Macron en ce sens.

Cette enquête, qui vise les enregistrements révélés par Mediapart, est susceptible d’atteindre le secret des sources de notre journal. C’est pourquoi nous avons refusé cette perquisition, un acte inédit — et particulièrement grave — dans l’histoire de Mediapart. Articles à venir.

— Mediapart (@Mediapart) 4 février 2019

Après de longs mois d’enquête, Mediapart avait obtenu et diffusé les extraits audio de cette conversation datant, selon le site d’investigation, du 26 juillet 2018. A cette époque, les deux hommes venaient d’être mis en examen pour «violences en réunion» commises en marge des manifestations du 1er mai.

[EXCLUSIF] Les conversations qui font trembler l’Élysée. #AffaireBenalla#Benalla

👉 Révélations à 14h30, seulement sur Mediapart → https://t.co/xunhXIwtxa pic.twitter.com/eXZ0ihRFbB

— Mediapart (@Mediapart) 31 janvier 2019

La conversation révélée par Mediapart (qui ne précisait pas les conditions dans lesquelles elle s’est déroulée) constituait une violation du contrôle judiciaire des deux hommes.

Voici la liste des enregistrements des conversations entre Alexandre Benalla et Vincent Crase.

Faites-vous plaisir c’est succulent :

https://t.co/QNGxElp8bF

https://t.co/Z2rQVzcQA7

https://t.co/iKlw0Fb73G

https://t.co/d3bHXWiDwX

https://t.co/cIzddhOfB8

https://t.co/qtfsfBFwWb

— Jean Hugon🔻 (@JeanHugon3) 31 janvier 2019

Une source judiciaire a précisé à l’AFP que l’ouverture de l’enquête préliminaire, qui vise également la « détention illicite d’appareils ou de dispositifs techniques de nature à permettre la réalisation d’interception de télécommunications ou de conversations », est intervenue à la suite de la réception par le parquet de Paris d’« éléments», dont la nature n’a pas été précisée. Une source proche de l’enquête a ajouté auprès de l’AFP qu’elle n’avait pas été déclenchée à la suite d’une plainte d’Alexandre Benalla.

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